Les récentes nominations au sein de la Société Camerounaise d'Électricité (SOCAEL) suscitent des réactions, notamment concernant le manque de jeunes et la reconduction de figures connues de l'ancien système. Cyril Tchamba, intervenant lors de l'émission CLUB D’ÉLITES sur Vision4, a exprimé ses réserves quant à ces choix, les qualifiant de continuité plutôt que de véritable renouvellement générationnel.
Tchamba a souligné que les nominations ne reflètent pas les promesses de promotion des jeunes et des femmes, annoncées par les autorités. « On nous avait promis un remaniement ministériel annonçant de grands changements, avec la promotion des jeunes et des femmes… il me semble quand même que les deux nominations intervenues cette semaine démontrent que non seulement on n’a pas forcément nommé des jeunes, mais qu’en plus il s’agit de personnalités déjà bien connues du système », a-t-il déclaré.
L'analyste s'est interrogé sur l'âge auquel on cesse d'être considéré comme jeune dans les hautes sphères de l'État, pointant du doigt le manque de nouveaux visages à des postes clés. Il a également mis en lumière les parcours des personnes nommées, en particulier leurs expériences passées dans des structures ayant rencontré des difficultés.
« Le président du conseil d’administration de la SOCAEL, Antoine Tsimi était déjà à la retraite et avait déjà beaucoup servi », a noté Tchamba. Il a également critiqué la nomination du directeur général, ancien directeur général adjoint de l'ex-Eneo, soulignant que cette promotion intervient malgré les difficultés rencontrées par l'ancienne entreprise. « Déjà que cela n’avait pas bien marché au point de changer d’entreprise, on promeut aujourd’hui celui qui était presque copilote de l’ancienne structure qui n’a pas fonctionné », a-t-il ajouté.
Ces nominations interviennent dans un contexte où le gouvernement camerounais est souvent appelé à favoriser l'émergence d'une nouvelle génération de leaders et à encourager l'innovation dans la gestion des entreprises publiques. La SOCAEL, en tant que nouvelle entité dans le secteur de l'électricité, était perçue comme une opportunité de rupture avec les pratiques passées et d'ouverture aux jeunes talents.
La SOCAEL a été créée pour restructurer le secteur de l'électricité au Cameroun, après les difficultés rencontrées par Eneo, l'ancien opérateur. Elle est chargée d'améliorer l'accès à l'électricité, de moderniser les infrastructures et de garantir un approvisionnement fiable pour les populations et les entreprises. Les défis qui attendent la nouvelle direction sont donc considérables.
Les critiques de Cyril Tchamba mettent en lumière les attentes de la société civile camerounaise en matière de gouvernance et de renouvellement des élites. Elles soulignent également la nécessité d'une plus grande transparence dans les processus de nomination aux postes de responsabilité dans les entreprises publiques.