La mort d'Anicet Ekane, figure de l'opposition camerounaise, continue de susciter des interrogations. Alors que la thèse officielle évoque une mort naturelle, des voix s'élèvent pour contester cette version, notamment celle d'Henriette Ekwe, journaliste et figure politique.
Le corps d'Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la démocratie et l'indépendance (Manidem), est arrivé à la morgue de l'hôpital Laquintinie de Douala en provenance de Yaoundé. Ce rapatriement n'a pas apaisé les tensions, mais a plutôt renforcé les soupçons quant aux circonstances de son décès.
Hendriette Ekwe a dénoncé publiquement l'absence d'une contre-expertise médicale indépendante. Elle estime que les autorités ont conclu trop rapidement à une mort naturelle, empêchant ainsi la famille de vérifier cette version. Cette précipitation est perçue comme suspecte par ses proches et militants.
Bien qu'il soit reconnu qu'Anicet Ekane était malade avant sa mort, la qualité de sa prise en charge médicale est remise en question. Selon Henriette Ekwe, son état nécessitait une hospitalisation dans un établissement doté d'un plateau technique adéquat et de services d'urgence performants, ce qui n'aurait pas été le cas.
Le Manidem, fondé en 1995, perd ainsi son président historique. Des militants réclament des éclaircissements sur les conditions de son décès, qu'ils jugent indignes de son statut et de son état de santé.
Human Rights Watch a appelé à une enquête impartiale sur le décès d'Anicet Ekane. L'organisation souligne que les autorités camerounaises ont la responsabilité de déterminer la cause du décès et d'établir les responsabilités.
La question centrale demeure : Anicet Ekane est-il décédé des suites de sa maladie, ou les conditions de sa détention et son accès aux soins ont-ils joué un rôle déterminant dans son décès ? Une contre-expertise pourrait apporter des réponses à ces interrogations.