Le Cameroun fait face à un renchérissement significatif du coût de sa dette publique, un signal d'alarme pour la gestion de ses finances. Selon une note de conjoncture économique, les conditions d'emprunt se durcissent sur le marché régional, avec un taux moyen des Bons du Trésor assimilables (BTA) qui a bondi de 2,67 % en 2020 à près de 6,9 % en 2026. Cette évolution survient dans un contexte où les États de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale) multiplient les émissions de titres de court terme.
Pour financer son budget de 2026, l'État camerounais prévoit de lever 1 165 milliards de FCFA sur le marché régional. Bien que le Cameroun affiche un ratio dette/PIB d'environ 42 %, inférieur à celui de certains de ses voisins, la tendance actuelle suscite l'inquiétude des analystes. La hausse des taux d'intérêt pourrait peser lourdement sur la charge de la dette, réduisant ainsi les marges de manœuvre budgétaires pour les investissements publics et les projets d'infrastructures.
La situation n'est pas propre au Cameroun. Les États de la CEMAC devraient emprunter collectivement près de 3 900 milliards de FCFA en 2026, dont plus de la moitié à court terme. Cette dépendance au financement à court terme accroît les besoins de refinancement et expose ces États à un risque accru en cas de perte de confiance des investisseurs. Les difficultés rencontrées récemment par le Gabon et le Congo illustrent ce danger.
Un blocage du marché des titres publics pourrait avoir des conséquences directes sur les économies de la région, affectant le paiement des salaires des fonctionnaires, les investissements et la réalisation de projets structurants. Face à ces défis, la gestion de la dette devient un enjeu central pour la stabilité financière en Afrique centrale.
Le Cameroun, première économie de la sous-région, reste un acteur majeur du marché des titres publics de la CEMAC. En janvier 2026, le président Paul Biya a autorisé le ministre des Finances à recourir aux marchés des capitaux pour mobiliser jusqu'à 1 650 milliards de FCFA d'emprunts, destinés au financement de projets de développement et à l'apurement des restes à payer. Cependant, des observateurs s'interrogent sur l'impact réel de cet endettement sur la vie des Camerounais, soulignant le risque de surendettement et la nécessité d'une transparence accrue dans l'utilisation des fonds empruntés.