Une trentaine de personnes ont été interpellées à Zoétélé, dans la région du Sud Cameroun, suite aux actes de vandalisme et de pillage qui ont secoué la localité le 19 mai dernier. Ces arrestations font suite au meurtre de Marie Patience Dikamba, un événement tragique qui a exacerbé les tensions locales et conduit à des débordements.
Les individus interpellés sont soupçonnés d'avoir participé activement aux destructions et pillages, ciblant particulièrement les biens de Flavien Nzikom Kamdem, une figure centrale dans l'enquête sur le meurtre de Marie Patience Dikamba. Selon des sources proches de l'enquête, plusieurs de ces personnes identifiées comme meneurs devraient être présentées prochainement devant le parquet de Sangmélima.
Les événements du 19 mai ont vu des groupes de jeunes s'en prendre au magasin de Flavien Nzikom Kamdem ainsi qu'à d'autres commerces appartenant à des personnes originaires de l'Ouest du Cameroun. Ces actions violentes ont été déclenchées par la remise en liberté de Flavien Nzikom Kamdem et de sa conjointe, initialement interpellés dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Marie Patience Dikamba. Cette libération, justifiée par le manque d'éléments probants suffisants pour justifier une incarcération, a suscité une vague d'indignation au sein de la population locale.
Des autorités traditionnelles ont également exprimé leur mécontentement face à cette décision, qualifiant le meurtre de Marie Patience Dikamba d'« assassinat lâche et particulièrement violent ». Elles ont critiqué l'absence du président du tribunal sur les lieux où le corps de la victime a été découvert, alimentant ainsi le sentiment d'injustice et de colère parmi les habitants. Face à cette situation, des jeunes ont tenté de se faire justice eux-mêmes, ce qui a conduit aux actes de vandalisme et de pillage du 19 mai.
Les autorités sécuritaires affirment que le calme est revenu progressivement à Zoétélé et appellent la population à s'abstenir de toute forme de justice populaire. L'enquête sur le meurtre de Marie Patience Dikamba se poursuit, et les personnes interpellées devraient être déférées devant la justice dans les prochains jours. Ces événements soulignent la fragilité de la situation et la nécessité d'une réponse judiciaire rapide et transparente pour apaiser les tensions et rétablir la confiance au sein de la communauté.