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Stéphane Menouga critique les nominations à la SOCADEL : « On ressuscite toujours les mêmes personnes »

Stéphane Menouga critique le recours aux anciens à la SOCADEL et l'inefficacité des investissements énergétiques, pointant des délestages persistants et un coût de l'électricité inadapté au pouvoir d'

Stéphane Menouga critique les nominations à la SOCADEL : « On ressuscite toujours les mêmes personnes »
Actualités Cameroun

L'analyste économique Stéphane Menouga a exprimé de vives critiques concernant les récentes nominations à la Société Camerounaise de Développement de l'Électricité (SOCADEL) et, plus largement, la gestion du secteur énergétique au Cameroun. Lors de son intervention sur le plateau de l'émission CANAL PRESSE sur Canal 2 International, il a pointé du doigt le recours systématique à d'anciens responsables, souvent retraités, pour occuper des postes clés, remettant en question la confiance accordée aux jeunes talents formés dans les universités camerounaises.

« Vous vous rendez compte que le PCA de la Socadel est un ancien ministre des Finances, aujourd’hui retraité », a-t-il déclaré, s'interrogeant sur la capacité de ces anciens dirigeants à appréhender les défis actuels du secteur. Menouga a insisté sur le fait que l'électricité demeure un problème majeur pour les Camerounais, et que les solutions proposées jusqu'à présent semblent inefficaces. Pour lui, cette approche soulève une question fondamentale : à quoi servent les universités camerounaises si l'on préfère constamment faire appel à des figures du passé ?

L'analyste n'a pas hésité à employer une formule percutante : « Quand on parle d’expérience, il y a aussi beaucoup d’hommes expérimentés dans les cimetières. Allez donc les chercher là-bas, si vous ne pouvez pas faire confiance aux ressources humaines que vous formez. » Cette déclaration illustre son scepticisme face à un système qu'il juge incapable de se renouveler.

Au-delà des nominations, Stéphane Menouga a également mis en doute l'efficacité des investissements massifs injectés dans le secteur énergétique ces dernières années. Il a rappelé que d'importantes sommes d'argent ont été débloquées pour la construction de barrages électriques, sans pour autant que les résultats soient à la hauteur des attentes. « Entre 2022 et 2024, on nous dit que 126 milliards de FCFA ont été investis. Mais quel est le résultat concret de ces 126 milliards ? », s'est-il interrogé.

Menouga s'appuie sur le quotidien des Camerounais pour étayer ses arguments. Il souligne la persistance des délestages et des pénuries d'eau dans de nombreuses localités, malgré les promesses et les investissements. « Les délestages ne sont-ils pas une réalité au Cameroun ? Bien sûr que si. Même du côté de la distribution de l’eau, la pénurie est une réalité », a-t-il martelé. Il a comparé la situation actuelle à celle des tonneaux des Danaïdes, que l'on remplit sans cesse sans jamais parvenir à les remplir durablement.

Pour Stéphane Menouga, la solution passe par une réforme profonde du système énergétique camerounais. Il estime que tant que cette réforme ne sera pas engagée, les difficultés persisteront, notamment en ce qui concerne le coût de l'électricité, qu'il juge disproportionné par rapport au pouvoir d'achat des Camerounais. Il a rappelé que le SMIC au Cameroun est fixé à 60 000 FCFA dans le secteur non agricole et à 41 000 FCFA dans le secteur agricole, des revenus qui rendent difficile l'accès à une électricité à un coût abordable.

En conclusion, l'analyste appelle à une remise en question des pratiques actuelles et à une plus grande confiance envers les compétences locales pour résoudre les défis énergétiques du Cameroun. Le coût élevé de l'électricité reste un problème majeur pour les ménages à faibles revenus.

Source : www.lebledparle.com