Mamadou Mota, figure du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a vivement critiqué ce qu'il considère comme un contournement des procédures administratives classiques lors de l'organisation des obsèques officielles de Cavayé Yéguié Djibril, ancien président de l'Assemblée Nationale.
Après la diffusion d'une correspondance du Cabinet civil de la Présidence directement adressée au maire de Tokombéré concernant les obsèques prévues le 23 mai, Mota a dénoncé une rupture de la chaîne hiérarchique administrative. Il ironise sur le fait que la décision présidentielle semble court-circuiter les échelons territoriaux habituels, reléguant les gouverneurs et préfets à un rôle secondaire.
« Au Cameroun, quand le Chef de l’État a décidé, la géométrie administrative devient variable, la hiérarchie s’aplatit et le formalisme va se rhabiller », a-t-il déclaré, qualifiant la démarche de « court-circuit procédural ». Mota perçoit dans cette action plus qu'une simple lettre administrative, y voyant une œuvre d'art baroque, une contorsion du droit administratif camerounais.
Il souligne que, traditionnellement, la ligne hiérarchique est claire : le ministre communique avec le gouverneur, qui relaie au préfet, lequel instruit le maire. Or, le Cabinet Civil de la Présidence a préféré un « saut d’obstacle », ignorant le ministre de l’Administration territoriale, le Gouverneur de l’Extrême-Nord et le Préfet du Mayo-Sava, court-circuitant ainsi la procédure.
Mamadou Mota remet également en question le choix de Mora pour la cérémonie officielle, au détriment de Tokombéré, village natal de Cavayé Yéguié Djibril, dénonçant une « profanation de sa mémoire » et un « mépris souverain » envers la population de Tokombéré. Il s'interroge sur le rôle des préfets et des gouverneurs si le Directeur du Cabinet Civil peut directement adresser des instructions aux maires.
Cavayé Yéguié Djibril, décédé le 6 mai 2026 à l'âge de 86 ans, a été inhumé dans son village natal de Mada. Il a présidé l'Assemblée nationale pendant 34 ans, de 1992 à 2026, marquant le paysage politique camerounais. Ses obsèques officielles ont été fixées au 23 mai à Mora.