La Guinée équatoriale s'apprête à réformer en profondeur le mariage coutumier. Le ministère de la Justice a soumis un projet de nouveau Code civil qui prévoit de plafonner le montant total de la dot à un million de FCFA. Cette initiative vise à freiner les abus de certaines familles qui transforment le mariage traditionnel en une source de revenus, avec des exigences financières jugées excessives.
Au-delà de la dot, cette réforme plus large ambitionne de moderniser le droit équato-guinéen en révisant plus de 500 textes hérités de l'époque coloniale espagnole. Le projet de Code civil introduit des changements importants concernant les droits des femmes et l'organisation familiale. Les veuves auront la possibilité de refuser d'épouser un membre de la famille de leur défunt mari, une pratique encore courante dans certaines communautés. Le texte précise que les veuves ne doivent plus être considérées comme un « patrimoine » familial.
La polygamie ne serait autorisée que dans le cadre du mariage coutumier. Le gouvernement équato-guinéen souhaite modifier plus de 500 des 1700 articles du code civil actuel, qu'il considère comme datant de 200 ans et contenant des dispositions de l'époque médiévale.
Ces réformes, si elles sont adoptées, pourraient transformer en profondeur les pratiques sociales et familiales en Guinée équatoriale. Elles relancent également le débat sur l'évolution des traditions face aux réalités modernes. En février 2026, le gouvernement s'est engagé à mettre fin au mariage des enfants d'ici 2030, avec trois projets de loi en préparation, dont un projet de loi réglementant le mariage traditionnel.
Le nouveau code civil prévoit que toutes les formes de mariage (civil, coutumier, canonique ou économique) auront la même valeur juridique en Guinée équatoriale, quel que soit le lieu ou le rythme de la célébration.