L'Extrême-Nord du Cameroun est de nouveau le théâtre d'un acte de violence. Le révérend André Doucha, figure respectée de l'Union des Églises Évangéliques du Cameroun (UEEC) et père du sénateur Nathanaël Nikamane, a été enlevé à son domicile de Mora dans la nuit. L'enlèvement s'est produit à l'entrée de la ville, plongeant la population locale dans l'émoi.
Des hommes armés non identifiés ont fait irruption au domicile du révérend Doucha avant de l'emmener vers une destination inconnue. Bien qu'aucune revendication n'ait été faite, les soupçons se portent sur le groupe terroriste Boko Haram, qui sévit depuis des années dans la région. Les incursions de Boko Haram ont déstabilisé la région de l'Extrême-Nord, causant des déplacements massifs de population et une crise humanitaire persistante.
Selon des sources locales, les ravisseurs auraient déjà contacté la famille du révérend Doucha et formulé des exigences financières en échange de sa libération. Le montant de la rançon n'a pas été divulgué, et les autorités n'ont pas encore publié de déclaration officielle concernant l'enlèvement ou les mesures prises pour retrouver le religieux. L'UEEC, dont le révérend Doucha est membre, est issue des activités missionnaires de la Mission Unie du Soudan et est officiellement reconnue au Cameroun depuis 1970.
Cet incident met en lumière la persistance de l'insécurité dans l'Extrême-Nord du Cameroun, où les populations civiles vivent sous la menace constante des groupes armés. Malgré les efforts des forces de sécurité camerounaises et de la Force multinationale mixte (FMM) pour contrer Boko Haram, le groupe continue de mener des attaques et des enlèvements dans la région. En 2022, on estime que Boko Haram et les affiliés de l'État islamique ont été impliqués dans environ 425 attaques terroristes dans la région, contre environ 350 en 2021, ce qui représente une augmentation de 21 %.
La région de l'Extrême-Nord reste confrontée à des défis considérables en matière de sécurité et de développement humanitaire.