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Cameroun : L'offre de parrainage de Françoise Puene pour les aspirants avocats suscite la controverse

La proposition de Françoise Puene de parrainer des candidats au Barreau camerounais est contestée par l'Ordre des avocats, qui y voit une dérive et menace de sanctions.

Cameroun : L'offre de parrainage de Françoise Puene pour les aspirants avocats suscite la controverse
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La sénatrice et femme d'affaires Françoise Puene a proposé de parrainer des candidats au concours d'entrée au stage d'avocat au Cameroun, une initiative qui a immédiatement suscité une vive réaction de l'Ordre national des avocats. L'Ordre a dénoncé cette démarche comme une « dérive » et a menacé de sanctions disciplinaires tout avocat qui y participerait.

Françoise Puene, connue également sous le pseudonyme de « Mamy Nyanga », a annoncé le 22 février 2026, qu'elle souhaitait aider les candidats rencontrant des difficultés à trouver un parrain, une condition requise pour l'inscription au concours. Elle a constaté que « nombre de candidats peinent à cocher la case ‘’parrainage’’, à trouver un parrain dans les conditions fixées par les textes ». En réponse, elle a proposé de mettre à contribution des cabinets d'avocats pour faciliter cette exigence, invitant les candidats à déposer leur demande de parrainage à l'hôtel Franco de Yaoundé.

L'arrêté du ministère de la Justice du 12 février 2026 exige que les candidats fournissent une lettre de parrainage d'un avocat exerçant depuis au moins cinq ans. L'Ordre national des avocats a ajouté des précisions, insistant sur la nécessité d'une lettre signée sur papier à en-tête du cabinet, avec le cachet officiel du cabinet, le cachet nominatif du parrain, son matricule et sa date d'admission au Barreau.

La réaction de l'Ordre des avocats ne s'est pas fait attendre. Le Bâtonnier a fermement condamné cette « intrusion tapageuse », rappelant que le parrainage n'est ni « un acte sporadique ou commercial », ni « un artifice aux mains des politiciens ». Il a averti que les dossiers contenant des attestations de cabinets non répertoriés seraient rejetés, et que tout avocat participant à cette initiative s'exposait à des sanctions.

Cette controverse met en lumière les enjeux autour de l'accès à la profession d'avocat au Cameroun, notamment la question du parrainage et les risques de corruption potentiels. L'avocat Christian Ntimbane Bomo a par ailleurs dénoncé la limitation du nombre de parrainages par avocat comme une mesure « illégale », source de « trafics matériels et immoraux ». Il souligne que la lettre de parrainage ne saurait être confondue avec un engagement de stage et appelle l'Ordre des Avocats à revoir sa position.

Françoise Puene, figure politique et femme d'affaires influente, est sénatrice depuis 2023 et connue pour son engagement social, notamment auprès des populations carcérales. Son offre de parrainage, bien qu'ayant pour but affiché de faciliter l'accès au stage d'avocat, se heurte aux règles strictes et à la vigilance de l'Ordre des avocats, soucieux de préserver l'intégrité de la profession.

La situation met en évidence les tensions entre les initiatives individuelles visant à faciliter l'accès à certaines professions et le rôle des institutions ordinales dans la régulation et le contrôle de ces professions. L'Ordre des avocats semble déterminé à maintenir un contrôle strict sur le processus de parrainage, afin d'éviter toute dérive et de garantir l'éthique de la profession.