Dangote Cement Cameroon a connu un début d'année 2026 difficile, avec une baisse de 15,8 % de ses volumes de ventes au premier trimestre par rapport à l'année précédente, représentant environ 300 000 tonnes. Cette performance contraste avec la dynamique positive observée sur plusieurs autres marchés africains où le groupe est présent.
Selon le rapport trimestriel de Dangote Cement, ce recul s'explique principalement par un ralentissement du marché camerounais en ce début d'année, lié au contexte post-électoral et à une diminution de l'activité dans le secteur de la construction. Les retards dans les dépenses publiques et la lenteur de la mise en œuvre des projets d'infrastructure ont également pesé sur la demande de ciment.
Au Cameroun, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est fortement dépendant de la commande publique, notamment pour les infrastructures routières, les bâtiments administratifs et les programmes de logement. Par conséquent, tout ralentissement dans l'exécution des projets publics a un impact direct sur la consommation de ciment. La baisse des ventes de Dangote Cement Cameroon témoigne de cette sensibilité du marché aux décisions budgétaires et au rythme des investissements publics.
Malgré un environnement macroéconomique relativement stable, avec une inflation maîtrisée autour de 2,5 % en 2025 et début 2026, la demande dans le secteur de la construction n'a pas été suffisamment soutenue. Parallèlement, Dangote Cement a mis en avant l'intensification des flux de clinker au sein du groupe, avec une augmentation de 58,8 % des expéditions depuis le Nigeria vers le Cameroun et le Ghana, atteignant 378 200 tonnes au premier trimestre 2026. Ces transferts de clinker s'inscrivent dans la stratégie d'intégration industrielle du groupe, visant à sécuriser l'approvisionnement de ses filiales.
La contre-performance au Cameroun contraste avec les progressions enregistrées par Dangote Cement sur d'autres marchés africains, notamment en Éthiopie (+31,5 %), en Tanzanie (+24,7 %), au Sénégal (+15,8 %) et en Zambie (+16,2 %). Au niveau consolidé, le groupe a affiché une forte progression de son chiffre d'affaires (+20,4 %) et de son bénéfice net (+53,5 %).
Ces résultats soulignent la dépendance du marché camerounais du ciment à la dépense publique et au rythme d'exécution des projets d'infrastructures. Le gouvernement camerounais prévoit de réaliser 476 km de nouvelles routes en 2026, mais le secteur souffre de tensions de trésorerie affectant le paiement des travaux. La construction au Cameroun fait face à des défis tels que les pénuries de main-d'œuvre qualifiée, la complexité des réglementations et les litiges fonciers.
Dangote Cement reste optimiste quant à la demande à moyen terme, portée par des projets d'infrastructure tels que l'autoroute Douala-Yaoundé.