Le commentateur politique Abel Elimbi Lobe fait l'objet d'une plainte pour « incitation à la haine tribale ». Jacques Bertrand Mang, activiste camerounais, a déposé cette plainte auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Bonanjo, à Douala.
Dans sa plainte datée du 13 mai 2026, Jacques Bertrand Mang accuse Abel Elimbi Lobe de tenir des propos menaçant la cohésion sociale et le vivre-ensemble au Cameroun. L'activiste estime que certaines prises de parole publiques du commentateur politique alimentent des tensions communautaires et sont contraires à l'intégration nationale. Mang l'accuse notamment de cibler régulièrement la communauté bamiléké dans ses interventions médiatiques. Il affirme détenir des preuves de ces allégations et demande l'arrestation et l'incarcération d'Abel Elimbi Lobe, conformément aux lois camerounaises réprimant les discours de haine et le tribalisme.
Jacques Bertrand Mang est une figure connue de l'activisme politique au Cameroun. Né le 30 janvier 1987 à Edéa, il s'est fait connaître pour son engagement au sein de partis d'opposition tels que le PCRN et l'UPP. Il a déjà entrepris plusieurs actions judiciaires, notamment une plainte contre Brenda Biya, la fille du président, en mars 2026. En avril 2026, il a été arrêté et interné de force, suscitant des réactions et des appels à sa libération.
La loi camerounaise punit l'incitation à la haine tribale d'une peine d'emprisonnement d'un à deux ans et d'une amende de 300 000 à 3 000 000 de francs CFA. Si l'auteur des propos haineux est un agent public, un leader politique, médiatique, d'ONG ou religieux, les sanctions sont doublées.
Cette plainte intervient à quelques jours de la célébration de la Fête nationale du Cameroun, un moment traditionnellement consacré aux messages d'unité nationale et de cohésion sociale. L'affaire relance le débat sur les discours de haine et le tribalisme dans l'espace public camerounais.