Alors que l'Assemblée nationale camerounaise examine un projet de loi visant à créer un poste de vice-président, les spéculations vont bon train sur l'identité du futur titulaire. Trois noms d'anglophones circulent avec insistance dans les cercles du pouvoir à Yaoundé : Philémon Yang, Peter Mafany Musonge et Paul Elung Che.
Contrairement à une élection, le vice-président sera nommé par le président de la République, Paul Biya. Cette nomination suscite des luttes intestines entre différents clans politiques.
Selon certaines sources, le clan Nanga, soutenu par la Première dame Chantal Biya et le ministre Ferdinand Ngoh Ngoh, favoriserait la candidature de Philémon Yang, ancien Premier ministre. Un accord tacite lui permettrait d'accéder au poste avant de le céder ultérieurement. De l'autre côté, le clan Bulu, comprenant des personnalités comme Mvondo Ayolo, Motaze et Frank Biya, soutiendrait Peter Mafany Musonge ou Paul Elung Che, actuel secrétaire général adjoint de la présidence, ce dernier étant en désaccord avec Ngoh Ngoh.
Philémon Yang, né le 14 juin 1947, a été Premier ministre du Cameroun de 2009 à 2019. Avant cela, il a occupé divers postes ministériels et diplomatiques, notamment celui d'ambassadeur du Cameroun au Canada pendant plus de 20 ans. Peter Mafany Musonge, né le 3 décembre 1942, a également été Premier ministre de 1996 à 2004. Ingénieur de formation, il a occupé divers postes de direction dans des entreprises publiques avant de se lancer en politique. Quant à Paul Elung Che, né le 10 octobre 1968, il est l'actuel secrétaire général adjoint de la présidence. Il a gravi les échelons au ministère des Finances avant d'être nommé à son poste actuel.
Parallèlement à ces manœuvres pour la vice-présidence, Ibrahim Talba Malla, ministre délégué chargé des Marchés publics, serait pressenti pour le poste de Premier ministre, une décision qui pourrait refléter une volonté de rééquilibrage géographique en faveur d'un natif de l'Extrême-Nord.
La nomination d'un vice-président non élu soulève des questions sur la participation populaire et la légitimité démocratique dans le processus de transition politique au Cameroun. L'issue de ces rivalités de clans déterminera en grande partie l'avenir politique du pays.
Le Cameroun se prépare pour l'élection présidentielle d'octobre 2025, un test pour la stabilité du pays. Les frustrations face au parti au pouvoir, les restrictions à la dissidence, les conflits armés et les tensions ethniques représentent tous des défis.