L'ancien président de l'Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril, a été inhumé dans son village natal de Mada, dans l’arrondissement de Tokombéré, région de l’Extrême-Nord, quelques heures après l’annonce de son décès à l'âge de 86 ans. Les obsèques se sont déroulées selon les rites musulmans. Cette inhumation marque la fin d’une longue carrière politique de plus de trois décennies à la tête de l’Assemblée nationale.
Cavayé Yéguié Djibril, né le 1er février 1940, a présidé l'Assemblée nationale pendant 34 ans, de 1992 à 2026, devenant une figure emblématique du paysage politique camerounais. Membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), il a également été député de Mayo-Sava depuis 1983. Son parcours politique a débuté dans les années 1970, gravissant les échelons jusqu'à devenir une figure centrale du régime de Paul Biya.
La cérémonie d’inhumation s'est déroulée dans la sobriété, respectant les traditions islamiques, et a rassemblé proches, autorités et personnalités politiques. Les hommages officiels ont salué un homme d’expérience et de fidélité aux institutions.
Si certains observateurs saluent sa longévité comme un gage de stabilité, d’autres critiquent son rôle, perçu comme une incarnation d’un système marqué par la permanence des élites et une certaine distance avec les préoccupations sociales. Son départ de la tête de la chambre basse, quelques semaines avant sa disparition, avait déjà marqué un tournant. Théodore Datouo a été élu pour lui succéder.
Depuis l'annonce de son décès, les réactions se sont multipliées, soulignant l'importance de son héritage politique et son impact sur la société camerounaise. Cavayé Yéguié Djibril laisse derrière lui une trajectoire singulière, dont l’interprétation continue d’alimenter les discussions au sein de la société camerounaise.
L'ascension de Datouo à la présidence de l'Assemblée nationale marque un tournant, mettant fin à plus de trois décennies de règne de Djibril. Si son appartenance au même parti au pouvoir suggère une continuité des politiques, ce changement offre une lueur d'espoir à une population aspirant à une représentation plus jeune et plus en phase avec ses préoccupations.
Désormais inhumé dans son village natal, Cavayé Yéguié Djibril laisse derrière lui un héritage complexe, oscillant entre stabilité institutionnelle et immobilisme politique.