Un homme de 28 ans a été interpellé à Yaoundé, dans le quartier Ekoumdoum, par les forces de lutte contre le trafic d'espèces protégées. Il était en possession d'une cargaison illégale comprenant des défenses d'éléphants et des écailles de pangolin géant.
Selon les informations rapportées, le suspect transportait huit défenses d'éléphants dissimulées dans des sacs de céréales, ainsi que 52 kilos d'écailles de pangolin géant. Le tout était dissimulé dans le coffre d'un taxi, dans le but d'échapper aux contrôles. L'individu se faisait passer pour un commerçant de cacao, mais serait en réalité impliqué dans un réseau de trafic d'espèces protégées opérant entre Djoum, Mintom et la République du Congo.
L'éléphant et le pangolin figurent parmi les espèces intégralement protégées au Cameroun. Le braconnage et le commerce illégal de ces espèces contribuent à la perte de biodiversité en Afrique centrale. Le Cameroun est à la fois un pays source, un pays de transit et un pays d'exportation pour les produits issus d'espèces sauvages menacées. Sa position géographique, avec des frontières poreuses avec des pays comme le Congo, le Nigeria, le Gabon et la République centrafricaine, en fait une plaque tournante pour le trafic.
Les peines pour le trafic de ces animaux ou de leurs dérivés peuvent être sévères, allant jusqu'à 20 ans de prison et de fortes amendes. Une nouvelle loi de 2024 a renforcé les sanctions contre les crimes liés aux espèces sauvages. L'article 173 de cette loi stipule que quiconque est reconnu coupable d'avoir tué, possédé ou commercialisé des espèces sauvages protégées est passible d'une peine d'emprisonnement de 15 à 20 ans et d'une amende de 20 000 000 à 50 000 000 FCFA, ou des deux.
Malgré les campagnes de sensibilisation et les opérations de répression menées par les autorités, le braconnage et le trafic de pangolins restent préoccupants. Plusieurs dizaines de pangolins auraient été tués au cours de l'année écoulée. Le Cameroun abrite trois espèces de pangolins, toutes intégralement protégées : Phataginus tetradactyla, P. tricuspis et Smutsia gigantea. Le parc national de Mbam et Djerem est un refuge important pour ces espèces.
La lutte contre le trafic d'espèces sauvages reste un défi majeur, nécessitant un soutien accru aux efforts de conservation, un renforcement des capacités des agences gouvernementales et une coopération internationale. Des organisations telles que LAGA (The Last Great Ape) et WWF collaborent avec le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) pour faire appliquer la loi et dissuader les criminels.
En mars 2026, huit trafiquants d'espèces sauvages ont été condamnés à diverses peines de prison, ce qui témoigne des efforts déployés pour renforcer l'application de la loi sur la faune.