Le ministère des Travaux publics (Mintp) a exprimé son mécontentement face à la lenteur des travaux sur la route Olounou–Oveng–frontière Gabon, notamment sur le tronçon de 70 km qui doit être bitumé. Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, envisage de mettre en demeure l'entreprise en charge des travaux si la situation ne s'améliore pas rapidement.
L'ordre de service prescrivant le démarrage des travaux a été notifié à l’entreprise en septembre 2024, mais les travaux n’ont commencé qu’un mois plus tard. Plus d'un an et demi après, le taux d'avancement du chantier n'est que de 9 %, ce qui est considéré comme très faible par le Mintp. En avril 2026, le projet affichait un taux d'exécution de 9,76 % alors que 54,25 % des délais étaient déjà consommés. Le ministère avait initialement prévu une livraison en septembre 2027, mais table désormais sur décembre 2028.
Le Mintp affirme avoir mis à disposition plus de 12 milliards de FCFA pour le projet, couvrant l'avance de démarrage, les études de conception et la mobilisation des équipes. Un peu plus de 1,5 milliard de FCFA reste à verser sur les 3,3 milliards attendus par l’entreprise au titre du solde de ses décomptes.
L'insuffisance des équipements déployés sur le chantier est l'une des difficultés pointées du doigt par l’administration. Seul un premier lot de matériel est arrivé sur le site, tandis que le reste, comprenant des bulldozers et des excavatrices, serait bloqué au port. Le ministère estime que ces lenteurs désorganisent le calendrier de décaissement prévu.
Le coût total du projet d'aménagement de cette route de 70 km est évalué à 74 milliards de FCFA. Il est financé à 95 % par Deutsche Bank SpA Italie, tandis que l’État du Cameroun prend en charge les 5 % restants, notamment l’avance de démarrage et le paiement des taxes.
La construction de la route Olounou-Oveng-frontière Gabon vise à améliorer la connectivité entre le Cameroun et le Gabon, facilitant les échanges économiques et la mobilité. Le projet s'inscrit dans le plan national de développement du Cameroun, qui prévoit la construction de 11 300 km de routes asphaltées d'ici 2027.
En dépit des difficultés rencontrées, le Mintp insiste sur la nécessité d'accélérer les travaux et n'exclut pas une mise en demeure de l'entreprise si la situation ne s'améliore pas rapidement.