Le géant du négoce de matières premières, Glencore, a déclaré avoir versé environ 18,5 milliards de FCFA (soit 33,08 millions de dollars) au Cameroun entre 2024 et 2025, en lien avec ses activités d'extraction sur le projet pétrolier de Bolongo. Cette information ressort des rapports de paiements aux gouvernements que le groupe publie, conformément aux exigences de transparence applicables aux industries extractives au Royaume-Uni.
Ces données offrent un aperçu de la contribution financière de Glencore dans un bassin pétrolier camerounais où les actifs montrent des signes de vieillissement. Les paiements déclarés sont principalement constitués de droits de production versés à l'État camerounais par le biais de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), ainsi que d'impôts sur les bénéfices.
Sur ces 18,5 milliards de FCFA, moins de 5 milliards correspondent à l'impôt sur les bénéfices, le reste provenant des « production entitlements », c'est-à-dire la part de production pétrolière revenant à l'État dans le cadre des contrats de partage de production. En 2025, Glencore a déclaré avoir versé 6,5 milliards de FCFA (11,5 millions de dollars), dont 5,5 milliards de FCFA (9,795 millions de dollars) en droits de production et 960 millions de FCFA (1,705 million de dollars) en impôts sur le revenu, uniquement pour le projet Bolongo.
En 2024, les paiements étaient plus élevés, atteignant 12,1 milliards de FCFA (21,58 millions de dollars), comprenant 9,1 milliards de FCFA (16,077 millions de dollars) de droits de production et 3,1 milliards de FCFA (5,504 millions de dollars) d'impôts sur les bénéfices. La comparaison entre 2024 et 2025 révèle une baisse notable des versements de Glencore au Cameroun, tant pour les droits de production que pour les impôts.
Les données opérationnelles du groupe confirment cette tendance. En 2025, la production attribuable à Glencore sur le projet Bolongo a été de 161 000 barils, contre 201 000 barils en 2024, soit une diminution de 20 %. Cette évolution reflète le déclin d'un actif vieillissant situé dans le bassin du Rio del Rey, avec une érosion des volumes sur plusieurs champs pétroliers historiques du Cameroun.
Par comparaison, en Guinée équatoriale, Glencore a versé plus de 120,8 milliards de FCFA (214 millions de dollars) en 2025 pour ses activités sur les blocs Aseng et Alen. Cet écart important pourrait indiquer des niveaux de production plus élevés et une meilleure valorisation des actifs pétroliers et gaziers en Guinée équatoriale.
Le projet Bolongo reste le seul actif camerounais dans le portefeuille extractif de Glencore, ce qui limite l'exposition du groupe au Cameroun et souligne la modeste contribution de sa production locale par rapport à ses opérations régionales. En 2018, Glencore a cédé 50 % de ses droits et obligations sur le bloc Bolongo à Perenco, transférant également le rôle d'opérateur. Les chiffres récents suggèrent un actif en perte de vitesse, avec des volumes et des contributions financières en baisse.