Des agents recenseurs de Douala III, dans la région du Littoral au Cameroun, ont entamé une grève ce vendredi à Logbaba pour protester contre le non-paiement de leurs primes et indemnités. Les manifestants se sont rassemblés devant les bureaux administratifs, dénonçant des retards de paiement qui durent depuis plusieurs semaines après le début des opérations de recensement sur le terrain.
Les agents affirment avoir travaillé dans des conditions difficiles, souvent tard dans la nuit, tout en assumant eux-mêmes les frais de déplacement, de restauration et de communication. Certains protestataires ont déclaré avoir contacté les autorités locales à plusieurs reprises, mais sans succès.
Plusieurs agents ont exprimé leur frustration face aux journalistes et aux passants. Certains ont déclaré qu'ils avaient du mal à payer leur loyer, qu'ils avaient accumulé des dettes et qu'ils étaient confrontés à de graves difficultés financières. Une agente recenseuse a déclaré avoir contracté des prêts dans l'espoir d'être payée rapidement après le recensement.
Les agents en grève affirment avoir rencontré des responsables administratifs pour obtenir des explications, mais aucun calendrier de paiement précis n'a été communiqué jusqu'à présent.
Le Cameroun a déployé plus de 355 000 agents de terrain pour le quatrième recensement général de la population et de l'habitat, combiné à une enquête sur l'agriculture et l'élevage, qui a débuté le 24 avril et doit se terminer le 29 mai 2026. Le recensement vise à actualiser les données socio-démographiques et agropastorales du Cameroun, servant de référence statistique essentielle pour la planification du développement et l'élaboration des politiques publiques.
En février 2026, le gouvernement camerounais a annoncé un partenariat avec MTN et Orange pour faciliter le paiement électronique de plus de 30 000 agents impliqués dans les recensements via des plateformes de mobile money. Cette initiative visait à assurer un paiement fluide aux agents et à combler les lacunes des systèmes de paiement existants.
Des retards de paiement similaires et des conditions de travail difficiles ont été signalés lors de précédents recensements au Cameroun. En 2018, le gouvernement a suspendu les salaires de 25 000 fonctionnaires fictifs, ce qui a permis d'économiser des millions de dollars. En 2006, 45 000 employés fantômes ont été découverts dans la fonction publique camerounaise.
La situation actuelle met en évidence les défis liés à la gestion et à la rémunération d'un grand nombre d'agents de terrain, ainsi que la nécessité d'une plus grande transparence et d'une communication efficace entre les autorités et les agents recenseurs.