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Cameroun : Réhabilitation de la Sonara et projets d'usine d'engrais relancés face aux tensions internationales

Face aux tensions internationales, le Cameroun relance la réhabilitation de la Sonara et les projets d'usine d'engrais pour réduire sa dépendance économique et stabiliser son approvisionnement.

Cameroun : Réhabilitation de la Sonara et projets d'usine d'engrais relancés face aux tensions internationales
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Le ministère des Finances du Cameroun (Minfi) a mis en avant la nécessité de relancer des projets clés tels que la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara) et la construction d'une usine d'engrais, dans un contexte de tensions internationales croissantes [cite: null]. Cette recommandation fait suite à un rapport du Minfi intitulé « le conflit iranien et l’économie camerounaise : analyse des canaux de transmission d’un choc géopolitique sur les économies de la Cemac et du Cameroun » [cite: null].

La Sonara, dont les installations ont été gravement endommagées par un incendie en mai 2019, est au centre des préoccupations [cite: null]. Les travaux de réhabilitation sont annoncés presque chaque année depuis le sinistre. Lors d'un conseil d'administration tenu le 23 décembre 2025 à Yaoundé, un budget de 291,9 milliards de FCFA a été alloué au Plan d’Accélération des mesures de Restructuration et de Réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois (Parras 24) [cite: null, 5]. La mise en œuvre de ce plan est très attendue [cite: null]. L'objectif principal de Parras 24 est de remettre en service les unités endommagées et de moderniser les unités non endommagées, afin de reprendre les activités de raffinage avec une capacité de 3,5 millions de tonnes par an sur le site de Limbé d'ici fin 2027.

Parallèlement, des espoirs se tournent vers Cstar Petroleum. Le 17 juillet 2025, cette société a lancé à Kribi les travaux de construction d’une raffinerie de brut d’une capacité de 30 000 barils par jour à partir de 2027, ainsi qu'un terminal de stockage de carburants [cite: null]. Selon des sources autorisées, Cstar Petroleum prévoit une « production anticipée » de 10 000 barils par jour dès le second semestre 2026, ce qui pourrait couvrir environ 22 % de la demande nationale en diesel et en essence [cite: null, 4, 6]. Le projet de la raffinerie de Kribi, d'un coût estimé à 622 millions de dollars, devrait démarrer ses opérations partiellement au cours du second semestre de 2026, presque deux ans plus tôt que prévu initialement en juin 2028. La construction de la raffinerie devrait commencer en janvier 2026.

En ce qui concerne la production locale d’engrais, plusieurs projets sont en suspens depuis plus de dix ans [cite: null]. Parmi eux, l’unité de production de la société allemande Ferrostaal à Limbé, annoncée il y a plus de dix ans, les projets de Vision Global de construire deux usines d’engrais chimiques et organiques à Limbé et Yaoundé, et le projet gouvernemental d’usine à Douala [cite: null]. Le ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique (Minmidt) a lancé un appel à manifestation d'intérêt pour recruter des entreprises de conseil pour une étude FEED (Front-End Engineering Design). Cette étude évaluera la faisabilité technique, économique et financière d'une future usine de production d'engrais chimiques.

Malgré ces initiatives, les importations d'engrais ont augmenté, atteignant 44,4 milliards de FCFA au premier semestre 2025, contre 40,2 milliards de FCFA à la même période en 2024. Le gouvernement vise une production de 10 millions de tonnes d'ici 2030 et s'efforce de réduire la dépendance aux importations par le biais de partenariats public-privé et d'investissements dans les usines locales. En mai 2025, le ministre de l'Agriculture, Gabriel Mbaïrobé, a inauguré une unité d'Hydrochem Cameroun à Bonabéri, Douala, avec une capacité de 120 000 tonnes par an, extensible à 150 000 tonnes.

La réhabilitation de la Sonara et la construction d'usines d'engrais sont des priorités pour le Cameroun afin de réduire sa dépendance aux marchés internationaux et de stabiliser son économie face aux crises géopolitiques. La raffinerie de Kribi devrait permettre de diminuer d'environ un tiers les importations de carburant, allégeant ainsi la pression sur les réserves de change.

Source : www.investiraucameroun.com