Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a signé un décret le 4 mai 2026, autorisant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à contracter un prêt de 15,9 millions d’euros, soit environ 10,4 milliards de FCFA, auprès de Deutsche Bank Espagne. Ce financement est spécifiquement destiné à la construction d’un abattoir industriel dans la ville de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord.
L’objectif principal de cette infrastructure est de structurer la filière bétail-viande dans la région. Elle vise également à améliorer les conditions sanitaires liées à l’abattage et à la conservation de la viande, tout en renforçant la chaîne de froid. Ce projet devrait avoir un impact positif sur l’emploi local, en créant de nouvelles opportunités dans une région où l’élevage joue un rôle économique crucial.
La mise en œuvre de ce projet survient dans un contexte de baisse de la production bovine au Cameroun. Les chiffres officiels révèlent une diminution significative, passant de 94 300 tonnes en 2024 à moins de 69 000 tonnes en 2025. Cette baisse affecte l’approvisionnement des marchés urbains et les revenus des éleveurs. En 2025, la production de viande bovine a chuté de 25 398 tonnes par rapport à 2024.
Les détails techniques et le calendrier d’exécution de ce projet d'abattoir à Maroua n’ont pas encore été communiqués. Cependant, cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de modernisation des infrastructures d’abattage à travers le pays.
Dans cette même optique, le Cameroun a inauguré son premier abattoir industriel à Yaoundé en 2017, doté d’un entrepôt frigorifique de 6 000 m³. Un autre abattoir industriel de capacité similaire a été mis en service à Ngaoundéré en 2018, dans la région de l’Adamaoua, principal bassin d’élevage du pays. Des projets similaires sont également prévus à Kribi, Ebolowa, Douala et Bamenda. En février 2026, un nouvel abattoir a été remis au conseil municipal de Bamenda.
Le gouvernement camerounais ambitionne de mettre en place une chaîne d’abattage industrielle performante, capable d’améliorer la qualité sanitaire de la viande, de réduire les pertes post-abattage et de soutenir l’augmentation de la production nationale. La construction de cet abattoir industriel à Maroua représente une étape supplémentaire dans la modernisation du secteur de l'élevage au Cameroun.
En octobre 2025, le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, a posé la première pierre d'un pôle agro-industriel intercommunal à Douala-Édéa. Ce projet comprend un abattoir, une unité de transformation de la viande et une usine de traitement du sang, représentant la première phase d'un programme plus vaste visant à moderniser le secteur.