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Cameroun : Décès de parlementaires et absence de remplacement, une crise de représentation ?

Le Cameroun fait face à une crise de représentation avec plus de 30 parlementaires décédés sans remplacement, soulevant des questions sur la légitimité du Parlement et l'application du code électoral.

Cameroun : Décès de parlementaires et absence de remplacement, une crise de représentation ?
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Le Cameroun est confronté à une situation institutionnelle délicate, exacerbée par le décès de plusieurs parlementaires depuis le début des législatures actuelles. La récente disparition de Cavayé Yéguié Djibril, ancien président de l'Assemblée nationale, met en lumière cette problématique.

Cavayé Yéguié Djibril, décédé à l'âge de 86 ans, a été un acteur majeur de la scène politique camerounaise, notamment en tant que président de l'Assemblée nationale pendant 34 ans. Sa mort, survenue peu après son remplacement à ce poste, coïncide avec le décès d'un autre député, Mbe Essae, soulignant l'ampleur du problème.

Depuis le début de la 10e législature en 2020 pour l'Assemblée nationale et de la législature de 2023 pour le Sénat, on dénombre 23 députés et 18 sénateurs décédés en cours de mandat. Ces décès laissent des circonscriptions sans représentation directe au Parlement, posant la question de la légitimité des institutions.

L'article 155 du Code électoral camerounais prévoit l'organisation d'élections partielles dans les douze mois suivant le décès ou la démission d'un parlementaire. Cependant, cette disposition est rarement appliquée, et aucune élection partielle n'a été organisée à ce jour pour pourvoir les sièges vacants. Selon certains, le gouvernement serait réticent à initier de telles élections.

Le mandat des députés de la 10e législature a déjà été prolongé à deux reprises, repoussant son terme initial de mars 2025 à 2027. Cette prolongation, combinée à l'absence de remplacement des parlementaires décédés, contribue à un déséquilibre de la représentation au sein du Parlement. L'absence de ces représentants affaiblit le lien entre les électeurs et les institutions nationales, limitant leur capacité à influencer les décisions et à défendre les intérêts locaux.

L'incapacité à remplacer les parlementaires décédés prive les électeurs d'une voix au niveau national et pourrait affecter l'adoption de lois nécessitant une majorité qualifiée. La situation actuelle soulève des questions sur la représentation démocratique et la capacité du Parlement à fonctionner efficacement. Le Cameroun se prépare pour les élections législatives de décembre 2027 dans un contexte où la question de la représentation équitable reste un défi majeur.

Source : www.lebledparle.com